Passer par les États-Unis pour l’obtention d’un diplôme

Dans un billet précédent, je mentionnais que nos enfants suivent un programme américain pour le secondaire. En effet, aux États-Unis, le homeschooling est bien établi et plusieurs options s’offrent pour le secondaire. Ça va des programmes à distance, où l’on remet tout le contrôle de l’éducation à une école accréditée (donc à peu près la même chose que fréquenter une école en brique), à la simple reconnaissance des acquis, sans aucun cours officiel et sans supervision (liberté totale). Et pourtant, les deux approches permettent l’obtention d’un diplôme de high school (secondaire 6 donnant un accès direct à l’université). On est loin du contrôle étatique québécois.

Ceci dit, il y a quand même des pièges. Certains diplômes sont plus reconnus que d’autres, et plus on est contrôlé, plus la reconnaissance est élevée, et plus on paie cher!

Un programme comme American School of Correspondance est complet et reconnu. Ou encore Oak Meadow. Ils sont reconnus par l’une des six organisations régionales supervisant les écoles américaines, donc le plus haut niveau d’accréditation possible. Reconnaissance universitaire assurée.

D’autres écoles, comme Kolbe Academy, fournissent une éducation catholique classique très forte, mais permettent aux parents de modifier le programme à leur gré, selon les besoins de leur enfant. On y retrouve donc un programme exigeant, tout en gardant la liberté propre à l’éducation en famille. Par contre, l’accréditation est moins solide, ils sont reconnus par NAPCIS, un regroupement d’écoles catholiques, et non par une des six organisations régionales. Ils sont en pourparler pour être accrédité avec la WASC (Western Association of Schools and Colleges) mais ce n’est pas encore fait.

Encore plus libre, vous trouvez NARHS, où vous créez votre propre programme d’études, vous envoyez un portfolio à la fin de l’année qui sera évalué par des professeurs certifiés. Si tout est beau, ils sont en mesure de vous donner des crédits du Maine, et de transformer vos cours hors norme en ‘educalise’ (les termes si chers au ministère de l’éducation). NARHS a déjà été accusé d’être une usine à diplôme, mais le tout a été réglé, et NARHS est bel et bien reconnu, toutefois certaines universités peuvent émettre des doutes sur ce diplôme.

À l’autre extrême, vous avez les « diploma mills » qui ne sont pas à recommander. Caveat emptor, comme toujours.

Un diplôme américain ne vous donne pas accès au CEGEP car depuis peu, un étudiant ayant résidence au Québec doit obtenir un diplôme de secondaire québécois pour y accéder. Par contre, une telle limite n’existe pas pour les universités anglophones qui reçoivent passablement de demandes des homeschoolers américains. Pour égaliser les différences entre les diplômes, les universités vont demander de passer les SAT, et les SAT-II, des examens standardisés. Les résultats à ces examens comptent plus que les notes sur le relevé de notes. Le chemin du diplôme américain n’est donc pas à conseiller si le jeune a de la difficulté à se concentrer en examen.

Ceci dit, dans le quotidien, ça ressemble à quoi, aller chercher un diplôme américain? Chez nous, nous devons envoyer des examens quatre fois par année à notre superviseur. J’assume moi-même les corrections, et le superviseur vérifie ma justesse (mais ne corrige pas directement). Si je suis trop sévère, ou trop généreuse, il va me le pointer. J’ai aussi la liberté d’utiliser leurs examens, de les modifier pour ajuster à ce que nous avons réellement fait, ou d’en écrire à partir de zéro. J’ai à justifier mon approche par contre, ce n’est pas du ‘free for all’, et je dois m’assurer que les enfants travaillent vraiment à un niveau secondaire. Jusqu’à présent, je n’ai pas eu de problèmes. Certains cours sont plus simples chez nous, car on ne veut pas y mettre le temps. On met l’emphase sur autre chose, comme le cours d’électronique, et le cours de latin (selon les désirs de mon fils).
En mathématiques, le parcours est différent de celui du Québec. C’est Algèbre 1 (en 8e), Géométrie, Algèbre 2, pre-calculus, et finalement calcul différentiel et intégral en 12e. En sciences, on parle de « physical science » en 8e, biologie, chimie, physique, et un cours plus poussé au choix en 12e. Donc, pas du tout la même approche qu’au Québec, où on fait un peu de tout à chaque année. L’important, c’est le résultat final. Certains enfants feront mieux avec une approche, et d’autres avec l’autre approche.

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S’habituer à la somme de travail du secondaire

Deux personnes doivent s’y habituer: le  »prof » et l’élève.  Je fais la planification de ce qui doit être fait chaque semaine pour finir d’ici juin tout le programme de secondaire 1.  Donc si ma fille ne finit pas le travail dans le temps donné, elle doit le finir durant la semaine en devoir.  Ce à quoi ELLE n’est pas habituée.  Et elle a donc de la difficulté à planifier son temps.  Peut-être est-ce que je donne trop de travail pour la période de temps allouée, cela est très possible.  Je devrai jauger avec les semaines si j’exige trop de travail, ou si c’est convenable.  Mais elle doit apprendre à travailler un peu plus vite et efficacement, ce qu’elle n’est pas: rapide et efficace.  Elle aura donc à prendre un rythme de croisière qui prendra certainement quelques semaines à acquérir aussi.

Pour l’instant, elle ronchonne plus qu’elle ne travaille.  Ce nouveau rythme, elle s’en passerait.  Ma patience face à mon ado ronchonneuse n’est pas extensible…Il faut passer au travers ensemble de cette période de transition.  Mais il reste que habitude ou non, la somme de travail au secondaire est nettement plus importante qu’au primaire.

Un bonjour du bas du fleuve.

Non, je ne suis pas de la région du Bas-du-fleuve, mais on y vient régulièrement. Cette fois-ci, comme bien d’autres fois, c’est pour se ressourcer avant de commencer une toute nouvelle année scolaire. Cette année est la première où nos deux enfants seront tous deux de niveau secondaire. Eh oui! Fini le primaire chez nous!

En septembre passé, ma fille a réussi les tests d’entrée pour une bonne école privée, une de celles régulièrement dans le top 20 du classement des écoles. Elle a été admise dans le programme fort. Le soir même, la larme à l’oeil, elle me supplie de la garder à la maison: « après tout, elle y apprend aussi bien qu’à l’école, non? » A suivi un trois semaines de questionnements assez pénibles merci. Finalement, elle ne va pas à l’école. Et je me rembarque pour un autre cinq ans d’école-maison! En effet, pour nous, c’est le privé ou à la maison, pas au public. Et le privé préfère de beaucoup avoir leurs jeunes dès le début, histoire de ne pas risquer leur classement….

Donc voilà, mon garçon entame son secondaire 4 et ma fille, son secondaire 1. Mais on a encore une semaine de vacances au bord du fleuve!

J’ai un problème

Quand mon chum m’entend commencer une phrase comme ça, il est toujours découragé.  «Bon c’est quoi ton problème?»  Il trouve toujours que je m’en fais avec des riens et que mes problèmes sont habituellement bien simples à résoudre.

Alors voilà, je vous l’expose, peut-être saurez-vous me conseiller:

Nous faisons l’histoire avec une autre famille, nous avons commencé au Big Bang et nous suivons notre chemin.  Nous arrivons à la sédentarisation en septembre.  Je fais de la géo avec mes enfants en faisant le tour des continents, en cuisinant les pays, en suivant les voyages de mes parents.  Je fais de la science avec tous mes enfants, je trouve cette façon plus amusante et dynamique.  Finalement il n’y a qu’en français et en maths que les enfants suivent chacun le programme de leur année scolaire respective.

Ma fille commence le secondaire et j’aimerais qu’elle fasse son année complète pour ne pas être en retard par rapport à son groupe d’âge.  On ne sait jamais ce qui peut arriver.  Au primaire, que l’enfant ne suive pas vraiment l’univers social ou la science des programmes établis ne m’inquiète pas, si il a à réintégrer l’école, habituellement il suivra sans embûche.  Mais au secondaire, je ne sais pas,  je sens que si l’enfant ne suit pas le programme, il s’en trouve vraiment décalé, que la marche pour rattraper la troupe soit trop haute.  D’où mon désir qu’elle fasse toutes ses matières de 1re secondaire.

Mais peut-elle faire les deux programmes en même temps?  Suivre le train des plus jeunes avec des projets familiaux ET suivre le programme de 1re secondaire?  Combien d’heures d’école sont nécessaires au secondaire à la maison?  Comment réussir à tout orchestrer pour 4 enfants sur les bancs d’école (eh oui ma petite qui aura 4 ans à l’automne demande, je veux dire réclame, à grands cris de faire l’école, d’apprendre ses lettres et ses chiffres, elle veut lire et écrire, je dois la nourrir)?

Je dois me pencher sérieusement sur la planification globale de mon année.  je n’en suis pas encore à la planification de chacun des programmes, j’essaie juste de voir ce que nous pourrons faire et ce que je dois réaménager ou couper (snif snif).  Vos conseils sont les bienvenus.

Réflexions: pourquoi nous ferons le secondaire

Il y a maintenant 7 ans, je commençais officiellement notre aventure avec mon fils aîné Skylar. Toujours habillé en super-héros quelconque. Déjà, cette époque est derrière nous. Je suis estomaquée de constater que le temps passe beaucoup trop vite. Les journées sont parfois longues, mais les années filent à la vitesse de la lumière.  Je me souviens très bien du jour où ma décision est devenue officielle. Le jour des inscriptions pour la maternelle a marqué un tournant dans ma vie. Nous étions officiellement une famille école-maison.

Le primaire est désormais terminé pour lui et honnêtement, j’ai ré-évaluer notre projet de vie. J’ai sérieusement songé à l’inscrire à l’école pour qu’il puisse y faire son entrée en même temps que les autres. J’ai entièrement confiance que ce jeune homme pourrait très bien trouver sa place dans ce nouveau monde. Qu’il est assez confiant et capable de s’adapter en restant fidèle à lui-même. Grâce au noyau école-maison, il a eu la chance de se développer dans un milieu sécurisant et le voilà assez fort pour affronter ce qui l’attend à l’extérieur de notre groupe. Je n’ai aucune hésitation quant à ses habiletés sociales :-)

En discutant avec une amie qui a une grande fille au secondaire, j’ai pris à nouveau la décision de faire l’école à la maison. Ce nouveau cycle entraîne aussi de nouveaux défis. Mes motivations ont changé et c’est bien correct.

Je choisi donc de poursuivre au secondaire pour lui donner la chance d’apprendre une méthode de travail. Il n’est pas prêt à être lancé dans une jungle où il devra assumer seul la responsabilité de ses apprentissages. Il travaille de façon de plus en plus autonome ce n’est pas un problème, mais il n’a pas la maturité de s’appliquer.

Je veux donc prendre ce moment pour lui montrer comment on étudie, le forcer à produire son travail dans un temps précis, lui montrer des techniques de prises de notes, comment retrouver l’information pertinente d’un travail et comment s’organiser avec tout cela.

En plus de tout cela, je ne veux pas perdre la belle relation que j’aie avec mon fils. Je suis persuadée qu’elle est si bonne car nous avons tout le temps nécessaire de la vivre. Skylar est un chic type car il s’est développé dans un milieu sain et dans lequel il était respecté. Détrompez-vous, je ne le garde pas sous ma jupe. C’est exactement tout le contraire. Il a pu développer une bonne confiance en lui, il n’a aucun problème à ouvrir la porte de la maison et d’ouvrir ses ailes. Lui aussi a choisi de poursuivre l’aventure à la maison pour la liberté que ça lui apporte.

Billet original